La fin de Mad Men: « Where is home? »

Le dimanche 17 mai 2015, la série Mad Men tirait sa révérence sur la chaîne AMC. Après 7 saisons, j’étais plus que curieuse de la fin que pouvait nous réserver la série. C’est à ce moment là que l’on repense au pilote, et à toutes ces petites choses qui nous ont conduites vers une fin..

mad men

Le générique présent depuis la saison 1 nous montre bien la chute petit à petit de Don qu’on a pu voir tout le long de la série. Et cette saison 7 était un peu le dernier point de non-retour où on le voit tout perdre : Megan, son appartement, son boulot, ses enfants, .. Comme il le dit à Peggy : il a volé le nom d’un autre homme mais n’a rien su en faire.. C’est en Californie qu’il peut enfin trouver la paix, accepter qui il est et repartir de zéro. La dernière scène avec la pub de Coca Cola, je l’ai interprété comme le signe du retour de Don à New York, qui s’est inspiré de sa résurrection dans cette commune pour donner un ultime message de sa propre expérience : I’d like to buy the world a home. Car sa maison à lui, il aura mis du temps à la trouver.

Rien n’est prévisible dans Mad Men, une des nombreuses raisons pour laquelle j’adore cette série. Le dernier épisode nous offre un happy ending pour la plupart des personnages, avec une évolution assez prononcée. Joan qui choisit sa carrière au-delà de la sécurité que pouvait lui fournir Richard ; Peggy qui avait abandonné son enfant au profit de sa carrière retrouve enfin l’amour auprès d’un homme qui la comprend ; Roger finit par trouver une femme qui réussit à lui tenir tête ; Pete au sommet de sa gloire qui a accepté cette famille qu’il a si longtemps rejeté (dans un des derniers épisodes on refait allusion à l’enfant qu’il a eu avec Peggy et il réalise le vide et l’absence qu’il est en train de créer dans la vie de Tammy) ; Ken qui se lance enfin dans l’écriture..

Sally devient petit à petit une adulte en reprenant la rôle de mère auprès de ses frères, comme le montre la dernière scène où elle fait la vaisselle, alors que Betty a accepté son destin. La conversation entre Betty et Don était d’ailleurs une des plus bouleversantes à mes yeux : Une manière de se dire qu’ils s’aiment, entre les lignes. Destin d’ailleurs assez injuste pour Betty, qui avait enfin décidé de ne plus se contenter d’être une éternelle ‘trophy wive’.

Dans l’idéal, je m’attendais à voir Joan et Roger peut-être finir ensemble, mais d’une certaine manière, Mad Men nous prouve qu’elle n’est pas une série misogyne mais plutôt féministe : la Joan du début n’attendait que le mariage pour être heureuse, celle du final a tiré ses leçons du passé et utilise son double nom comme un atout pour fonder sa propre société.

J’avoue que Pete et son retour vers Trudy est un peu la seule chose qui m’a déçu : il dit qu’il l’a toujours aimé.. J e n’y crois pas trop. Trudy est d’ailleurs un des rares personnages à être resté inintéressant à mes yeux tout le long de la série. Je croyais au départ à un éventuel retour à un Pete/Peggy, étant donné qu’ils avaient l’air de partager un lien et une connexion que Pete et Trudy ne connaîtront jamais, et les nombreuses allusions à leur enfant cette dernière saison. Mais Peggy et Stan était néanmoins une jolie conclusion pour les deux personnages.

Megan m’a manqué durant ce final, je trouve qu’elle y aurait eu sa place, car on ne sait pas vraiment ce qu’elle devient. Ce personnage était quand même important dans l’évolution que Don a failli connaître, mais comme nous le montre la femme qui pousse Don durant la séance en groupe : il repousse sans cesse ceux qui l’aiment dû à son éternel peur de l’abandon développée durant son enfance. Plutôt ironique que c’est un homme qui réussit à sauver Don et non une femme, c’est une quête qu’il aura pourtant si longtemps mené.

Mad Men ne s’est jamais venté de nous offrir des cliffhangers à chaque fin d’épisode ou des retournements de situation rocambolesques. Ce n’était en aucun cas nécessaire pour ma part, car la psychologie des personnages et la satire que la série tentait de faire des années soixante et des nombreuses révolutions sociétales de l’époque, tout cela exprimés à travers les publicités crées par l’agence de Don, réussissaient à nous tenir en haleine pour assister finalement à ce cataclysme de cette dernière saison.

Rien que pour ça, Mad Men se voit être une des plus grandes séries télévisées de tous les temps de par son écriture et sa subtilité, démontrée à travers le début de la société de consommation. Chaque épisode se regardait comme un long film, dont on ne saisissait pas toujours l’importance à première vue, mais qui nous aident à rassembler toutes pièces du puzzle. Tout comme l’esprit de Don Draper, la série se veut brillante mais a l’air au départ tellement inaccessible.

Au revoir Don, Peggy, Pete, Roger, Sally, Betty,.. et merci.

 

MM-Toast-1200x707

 

N'hésite pas à partager!

2 thoughts on “La fin de Mad Men: « Where is home? »

  1. Bonjour,

    Intéressant votre billet.
    Un commentaire simplement pour vous faire remarquer que c’est une femme qui convainc Don de se relever pour aller au groupe de thérapie.

    • Bonjour, merci à vous 🙂
      Je parlais en fait de l’homme qui exprime son sentiment durant une séance, de pas savoir comment être aimé, de ne manquer à personne etc, celui que Don prend dans ses bras 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.